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 moonrise kingdom / felix

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Sasha Fletcher
The Runaway Prom Queen

The Runaway Prom Queen
Messages : 1254
Crédit : avengedinchains


Occupation : lycéenne qui dépensait beaucoup d'énergie à rendre son lycée respirable - même si tout le monde semble déterminé à y être misérable. Présidente du conseil des élèves + co-capitaine des cheerleaders.
Réputation : elle était bien trop parfaite, la fille fletcher, s'en était presque écoeurant. sur tous les fronts, de tous les évènements… elle semble récemment avoir décidé de tout envoyer balader (même son petit copain).

MessageSujet: moonrise kingdom / felix   Mer 3 Jan - 20:45



moonrise kingdom
Felix + Sasha
* * *

L’air était chargé d’humidité. Les dernières feuilles mortes de la saison lui collaient aux semelles, à mesure qu’elle avançait sur le petit chemin de terre. Il avait plu toute la nuit, et les nuages lourds qui stationnaient au dessus de Blackwood laissaient présager qu’une nouvelle averse s’abattrait dans l’après-midi. Mais il était encore tôt : Sasha s’était glissé hors de la maison in extremis, quelques secondes après avoir entendu la porte de la chambre de ses parents s’ouvrir, à l’étage. Elle avait juste eu le temps d’empoigner le blouson de son frère qui trainait dans l’entrée, et avait entrepris de mettre le plus rapidement possible de la distance entre Abbington Street et elle.

Son plan s’arrêtait là. Elle savait, en se réveillant ce matin-là, qu’elle avait besoin de prendre l’air. Mais pour aller où? En sentant les clés peser au fond de la poche de la veste, elle avait brièvement considéré emprunter sa voiture à Nick. Mais s’imaginer dans l’habitacle de ce tas de ferraille grinçant qui sentait le tabac froid lui semblait l’exact opposé de ce dont elle avait besoin : du grand air et du silence. Et donc, elle marcha. Sur les trottoirs d’abord, puis sur le bord de la route, et enfin, elle atteignit l’entrée du bois. Elle savait qu’il lui fallait exactement 17 minutes pour atteindre le bord du lac ; elle décida qu’elle voulait en savourer chaque seconde.

Quelques croassement des corneilles accompagnaient sa marche, alors qu’elle sentait déjà ses chaussettes prendre l’eau sur le sentier boueux. Elle avançait sans faire de bruit, les poings dans les poches, le nez parfois levé vers la cime des arbres menaçants qui mangeaient le ciel. Le silence enveloppait la forêt comme un drap épais, lourd et étrangement réconfortant. Sasha était d’ordinaire quelqu’un qui fuyait le rien, le silencieux, l’ennui, l’immobile : ça l’angoissait.

Après quelques enjambées au dessus de troncs morts, le lac Ahnakee s’offrit enfin à la vue de l’adolescente. L’étendue d’eau semblait particulièrement calme et paisible, à cette heure matinale. Elle huma l’air humide et ferma les yeux quelques instants, comme pour mieux absorber la quiétude du lieu - qui était toute éphémère, elle le savait. Dans une heure ou deux, le club de pêche ou l’association de modélisme naval viendrait prendre possession des berges, comme chaque dimanche.

Parce qu’elle savait que le temps était compté et qu’elle serait bientôt dépossédée de sa forêt, elle grimpa un rocher, ancré sur les berges quelques mètres plus loin. Perchée de façon cérémoniale sur la roche, elle tourna le dos au lac, et fit 45 pas en avant. 62 vers le nord. Elle passa sous l’arbre mort qui ployait de tout son poids - et qui, après toutes ces années, n’avait toujours pas été abattu malgré le danger qu’il représentait pour les marcheurs. De là, 30 pas vers l’est. Elle enjamba le ruisseau - qui ressemblait plutôt à une rivière dans ses souvenirs, et termina par 70 pas droit devant. Elle avait grandit, et pris conscience que les comptes n’étaient plus tout à fait justes. De toutes manières, ces indications n’étaient qu’une coquetterie d’enfants en mal de mystère et d’aventures ; elle aurait pu retrouver le chemin de la cabane les yeux bandés, à l’époque - et elle s’en sentait toujours capable aujourd’hui.

La cabane était moins haute et plus petite que dans ses souvenirs. Cela ne faisait pourtant que 4 ans qu’elle n’y était pas venue. Autant dire une éternité et demi. A sa grande surprise, le petit édifice fait de planches de bois et de tôle récupérées ça et là ne semblait pas trop avoir subi le passage du temps. La mousse s’était installée dans quelques interstices mais l’échelle de corde avait l’air de tenir. Pourtant Sasha hésitait. Alors qu’elle touchait la corde du bout des doigts, considérant les deux petits mètres cinquante qui la séparaient du plancher de la cabane, elle failli faire demi-tour. Elle avait la désagréable sensation de pénétrer illégalement dans une propriété privée. L’adolescente avait pourtant sué sang et eau dans la construction de ce petit refuge : sa cicatrice entre le pouce et le l’index gauche était là pour en témoigner. Elle hésitait encore. Puis empoigna l’échelle, et grimpa avec plus de difficultés que ce qu’elle avait anticipé. Assise sur la petite plateforme, dos à l’entrée, elle contempla pendant quelques secondes la vue si familière, et aurait juré voir Sheila courir en criant sur le bord du lac, un peu plus loin. Sasha leva les yeux au ciel, comme pour se rappeler elle-même à l’ordre, puis se retourna et entrepris d’entrée dans le petit abri, le dos baissé. « OH MON D- » La jeune fille avait lâché un cri de surprise, en faisant un pas en arrière et en couvrant sa bouche, par réflexe. Sous un tas informe de couvertures dépassait des cheveux bruns. Elle qui avait déjà l’impression de s’introduire chez quelqu’un d’autre, elle venait probablement de réveiller un inconnu. La silhouette ne bougea pas tout de suite, et pendant une fraction de seconde, elle cru être en présence d’un cadavre : les poils de sa nuque se dressèrent et son sang ne fit qu’un tour. Elle voyait déjà les gros titres du Pepin News Journal de demain matin : « Un corps retrouvé près du lac par une adolescente ». Son coeur battait la chamade, alors qu’elle embrassait d’un regard le reste de la cabane : deux bouteilles de bière vides, un paquet de cigarettes entamé… « Un sans-abri retrouvé mort près du lac Anhakee » et soudain, elle croisa son regard. Sa tête venait d’émerger des couvertures, ses yeux encore embués par le sommeil. « Putain, Felix. » soupira-t-elle en portant une main à ses yeux, pour se faire redescendre l’ascenseur émotionnel. Ça faisait longtemps qu’elle n’avait pas dit son prénom à voix haute ; les syllabes qui lui avaient été si familières paraissaient maladroites, dans sa bouche, après ces quelques années.

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all of our heroes fading, now I can't stand to be alone, let's go to perfect places
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Felix Callahan
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Occupation : lycéen à la concentration sur le déclin, pianiste au road inn lorsque le coeur s'y prête.
Réputation : missing, l'enfant disparu, les fugues à répétition, le môme callahan qui ferait mieux de moins emmerder son père, aux yeux des adultes. au lycée, felix c'est surtout l'insolence qui fait marrer en cours, la belle gueule sur laquelle on se retourne, auréolé d'un mystère que l'on peine à percer. il attire autant qu'il dérange, mais tout le monde semble avoir un avis à son sujet.

MessageSujet: Re: moonrise kingdom / felix   Jeu 1 Mar - 18:22

SASHA
&
FELIX
there was a time when i thought i'd know you forever.

Y'a plus que lui qui s'aventure dans le coin. C'est presque une certitude. C'est pour le mieux, d'ailleurs, ça lui évite de croiser qui que ce soit quand il décide de s'y réfugier. C'est ce qu'il se dit, Felix, à chaque fois que ses pas s'enchaînent mécaniquement, sans qu'il n'ait plus besoin de les compter depuis longtemps, directions imprimées si fermement dans son crâne qu'il s'y retrouverait les yeux fermés. C'est sûrement pour ça qu'il y retourne inlassablement dès que l'envie de se barrer se met à le rendre dingue. Parce qu'il n'y aucun risque pour qu'on vienne l'y emmerder. Pas même elles. Par là, c'est forcément les deux filles qui s'invitent dans un coin de son esprit qu'il cloisonne, barricades érigées contre le souvenir des rires tintant à ses oreilles, de leurs commentaires ponctuant le chemin. Il a mis un certain temps à se défaire des appréhensions qui lui nouent les tripes dès que l'idée de revenir dans le coin se fait ressentir. A ne plus avoir l'impression qu'on s'amuse à comprimer son estomac dans un étau, de cette sensation insupportable s'élevant progressivement, jusqu'à gagner ses côtes, picoter sa poitrine. Il a eu un peu de mal, l'adolescent, à rejeter les réminiscences au néant. C'est peut-être naïf, voire complètement con, de l'envisager. Comme s'il pouvait laisser le rideau retomber sur des années à barouder dans la forêt, à courir le long des rives, à exposer leurs trouvailles avec toujours un peu plus de fierté, jusqu'à ce qu'elle ne s'érige, majestueuse dans leurs regards de môme. Dans le fond, c'est sûrement impossible. Pas même après s'être extirpé de l'enfance côtes à côtes, s'être mangé l'adolescence en pleine gueule, s'être retrouvés propulsés à approximativement quelques années-lumière les uns des autres, plus foutus de se comprendre. Même après ça, c'est pas la peine d'espérer oublier le fantôme de leurs présences désormais si lointaines, lorsqu'il gravit l'échelle et se faufile dans la cabane. En inclinant bien la nuque, pour éviter de se manger les planches dans la tronche en voulant aller trop vite, comme c'est encore le cas de temps en temps. A se sentir ramené des années plus tôt, et à en oublier pour quelques secondes avoir grandi.

Même s'il grandira jamais, d'après son père. L'éternel enfant indiscipliné favorisant la fuite aux confrontations. Comme s'il aimait ça, se barrer. Comme si c'était une lubie, une manière de les faire chier. Y'a un peu de mauvaise foi en niant, à dire qu'il ne tire aucune satisfaction à les emmerder, lui et l'autre qui squatte la maison depuis ce qui ressemble à une éternité. Mais ça fait tellement longtemps qu'il ne sait pas vraiment comment faire autrement. Le rituel est familier, à faire son sac, à sentir le poids s'amenuiser dans son thorax, s'envoler à mesure que ses pas l'éloignent de cette maison qui ne semble plus sienne. La vérité, c'est qu'il a l'impression de n'appartenir à aucun endroit, Felix. Même la cabane ne lui apporte pas le réconfort nécessaire, mais c'est bien le seul refuge qui lui reste. Et par de trop rares nuits, c'est le road inn, le cul vissé devant le piano, lorsqu'il arrive à faire dans le sincère à défaut du seulement beau. Et y'a des jours, comme ceux qui ont précédé, comme aujourd'hui, où y'a simplement nulle part. Là, il tolère encore moins d'être entre les murs de sa chambre, de la baraque où il ne se sentira jamais chez lui. C'est comme ça qu'il se retrouve à traverser la forêt, à se planquer là, où c'est le grésillement des clopes et le verre des bouteilles qui s'entrechoquent pour unique symphonie. Le bourdonnement incessant des pensées qui se bousculent dans son crâne. Et avec un peu de chance, quelques heures de sommeil.

Seulement, c'est pas le réveil auquel il s'est attendu lorsque le sommeil l'a emporté cette nuit. Il a le sommeil assez léger, en plus, alors forcément quand une voix s'élève, tout près, il ne fait pas long feu dans les bras de Morphée. Alors qu'il émerge, que ses yeux se plissent avant de s'ouvrir totalement, il songe avoir rêvé, ne prenant conscience de cette présence qui se tient pourtant sur le seuil de la cabane. Il étire ses muscles endoloris sous les couvertures, fait craquer ses orteils, avant de se redresser légèrement. Et là, y'a son coeur qui manque clairement un battement. Les secondes qui s'allongent alors que ses yeux s'écarquillent quand son regard n'a d'autre choix que de s'attacher au sien. Sasha. Sasha est là. En appui sur ses coudes, il lui faut un certain temps pour enregistrer. Elle lui facilite les choses alors qu'elle prononce son prénom, que ça le secoue suffisamment pour qu'il achève de se mettre assis. « Sérieux, Sasha. » Il râle, ça sort spontanément alors qu'il vient se frotter rapidement les yeux pour tâcher de se réveiller un peu plus vite. Qu'est-ce-qu'elle vient foutre ici ? C'est ça, la question qui commence à lui brûler les lèvres alors qu'il repousse les couvertures non sans agacement. C'est pas le genre de réveil rêvé, faut le dire. A croire qu'elles se sont passées le mot, entre Sheila, Nora, et désormais Sasha, pour venir l'emmerder où qu'il se trouve. Parce que c'est un peu le centre du monde, Felix, et que si elle est là, au premier abord, ça doit sûrement être pour l'emmerder. C'est ce qu'il se dit, en tout cas, tout maugréant qu'il est dans sa barbe inexistante. Il est sacrément gêné, surtout. De se faire surprendre ici. Puis sûrement de la voir, aussi, même si c'est pas la raison qui lui vient en premier pour justifier ses mains qui se crispent l'une sur l'autre alors qu'il tâche de pas trop le montrer. « C'est quoi ton délire, à te pointer là comme ça. » Il marmonne, même s'il se doute bien qu'elle peut l'entendre. Après tout, y'a pas de raison qu'il soit le seul à se sentir mal à l'aise, alors si c'est pas son cas, il va un peu forcer les choses, histoire d'être dans le même bateau. « J'savais pas que t'étais du genre nostalgique, faut dire. » S'il a eu un peu de mal à la regarder, sur le coup, il ne se prive plus de la détailler désormais, alors que la pique s'échappe sans qu'il n'essaye de la retenir. Il est de mauvais poil quand on le réveille, c'est un fait. Il peut être sacrément exécrable. Mais là, c'est pire. C'est carrément pire, même, parce qu'il se sent nerveux en plus du reste, et que ça lui donne juste envie de sortir les premières vacheries qui lui viennent, se mêlant à la rancune des derniers échanges. On peut pas dire qu'il a été vraiment cool avec elle depuis qu'elle s'est éloignée d'eux, de lui, qu'il a même probablement été odieux lors de leur dernière altercation dans les couloirs du lycée. Y'a beaucoup de rancoeur qui se met à gronder lorsqu'il croise Sasha, même lorsqu'ils s'ignorent simplement la plupart du temps. Il aimerait mieux être totalement indifférent, comme elle a l'air de l'être - ce qui l'emmerde le plus, dans le fond, s'dire qu'elle s'est bien débrouillée pour tout oublier. De leur rencontre, de leur amitié, jusqu'à ces instants tendres dérobés à une enfance en demi-teinte, dont les plus belles couleurs dansaient dans ses prunelles à elle, bien avant même qu'il ne rencontre Sheila. « J'suis même surpris que t'ai trouvé le chemin toute seule. » Il détache son regard du sien en faisant mine de s'intéresser à ses chaussures qu'il enfile et dont il met un temps fou à nouer les lacets, pour pas s'en aller trop vite, subitement très possessif envers ce lieu. Comme si elle ne méritait plus vraiment de s'y trouver, dans le fond, pas après avoir décidé de couper les ponts avec lui. « T'es seule, au moins ? Ou t'as décidé d'en faire ton nouveau QG avec tes copains ? » Et y'a ce foutu sourire en coin qui se devine au coin de ses lèvres, le vrai air d'emmerdeur qui s'installe. C'est son truc, à Felix, d'attaquer pour mieux faire oublier son propre malaise. Manque de pot, même s'il a envie de se dire que c'est une parfaite inconnue, elle le connaît. C'est ce qu'il a tendance à oublier, alors qu'il poursuit sur sa lancée. « J'comptais pas franchement bouger de là, pour info. » Léger temps mort, regard effronté. « Tu veux qu'on appelle Sheila, aussi ? Dans le genre voyage dans l'temps, manque plus qu'elle. »
CODAGE PAR AMIANTE

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he wonders if it will always be like this, the small twist in the base of his throat, the pain of swallowing “I’m fine” and “I like being alone.” he's told them that he's waiting, until he can anchor himself to the earth again, until he can learn the map of his own heart again.
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