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 going home. w/boyd

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Loan Baker
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Crédit : laura (ou alan) ♥


Occupation : errance dans les couloirs, âme en peine parmi les lycéens
Réputation : le weirdo par excellence. l'extraterrestre, comme on l'appelle, alors qu'il essaye désespéramment de se faire entendre.

MessageSujet: going home. w/boyd   Dim 10 Déc - 22:29

« I used to think that the day would never come
I'd see delight in the shade of the morning sun
My morning sun is the drug that brings me near
To the childhood I lost, replaced by fear… »



Le gamin fredonne, donnant de temps en temps un coup de pieds dans un caillou qui traîne là. Le couché de soleil baigne déjà Blackwood d’une lueur orangée tandis que l’obscurité fera bientôt son apparition. Après une longue réunion organisée par le club de sciences, Loan rentre seul, et plus tard que prévu initialement. Ses rares amis sont sortis du lycée depuis un bon bout de temps, alors il est passé jeter un coup d’œil du côté de la librairie familiale. Il s’est dit qu’avec un petit peu de chance, l’un de ses parents serait encore là et qu’ils allaient alors pouvoir regagner la maison ensemble. Parce que le gosse est, à vrai dire, totalement flippé de ces rues désertes à cette heure, où le moindre bruit parait suspect. Il se sent tellement vulnérable, quand la lumière s’en va se reposer, encore plus que quand les grands viennent l’embêter, au lycée. Ce n’est pas peu dire.

Sauf que, accrochée à la poignée de la porte, la pancarte affiche « fermé ». Penaud, le dernier des Baker s’éloigne en grommelant. Il semble qu’il doive se risquer à marcher sur le bord de la route, seul.

S’il avait été un garçon ordinaire sachant faire la part des choses entre les monstres des films et leur inexistence dans la vie réelle, il n’aurait pas spécialement eu de mal à rentrer, ce soir-là. Sauf que Loan est intimement persuadé que les extraterrestres existent bel et bien, et, avec eux, d’autres créatures qui ne font habituellement leur apparition qu’entre les pages d’un bouquin. Parfois, à l’école, il lui arrive même d’observer intensément un autre élève, attendant que celui-ci ne se trahisse. Une manière de manger différente des autres, une trop forte tendance à rouler des yeux, un débit verbal saccadé… tous ces signaux, il y est parfaitement attentif, convaincu qu’il est que des espèces non-humaines se cachent à Blackwood, sous une identité secrète. Et la nuit doit sûrement être leur moment de sortie privilégié. Il va sûrement se faire intercepter sur cette route, et on le conduira dans un repère non loin de là. Ces monstres expérimenteront sur lui, tentant de trouver une faille leur permettant d’exterminer la race humaine…

Absolument pas rassuré, le gamin accélère le pas, recommençant à chantonner pour se changer les idées.


« I used to think that the day would never come
That my life would depend on the morning sun »




[new order - true faith]

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Boyd Desmond
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Occupation : Shérif parachuté en sept. 1984, après le décès du patriarche Hewitt. Ex-officier de police à Detroit, sensible aux affaires de racisme et de drogue.
Réputation : Grâce à un travail sérieux, beaucoup de diplomatie et de gros efforts pour s’intégrer, le shérif commence à gagner le respect et la confiance des habitants. Boyd reste néanmoins un étranger de passage qui n’a aucun ami à Blackwood.

MessageSujet: Re: going home. w/boyd   Lun 11 Déc - 17:42

Une fois encore, la roue avant droite du Chevrolet K5 Blazer se met à couiner. « À quoi tu joues, ma belle ? », interroge le shérif Desmond, seul au volant de son véhicule tandis qu’il roule lentement vers le nord de la ville. On est juste avant le crépuscule, les rues sont calmes, à part ce putain de bruit qui évoque les roues miniatures d’un tricycle à moitié rouillé.
Boyd tourne le bouton de l’autoradio pour capter Fréquence interdite, espérant couvrir le bruit désagréable du 4x4 capricieux. Les haut-parleurs crachent une musique flippante, sortie en 1982 et encore à la mode deux ans plus tard (Visage – Fade to grey).

« Tu vas pas me faire chier, cette fois. » Léger soubresaut, le couinement s’intensifie. Las après une journée difficile, le policier n’est guère d’humeur taquine et hausse le ton. « Putain, mais qu’est-ce que tu veux ?! ». La roue turbulente produit un long crissement à glacer l’échine, portant instinctivement le regard de Boyd dans sa direction.
Là, à deux mètres à peine du capot, il aperçoit un gamin qui marche à vive allure sur le bas-côté. Un vrai sac d’os, le pauvre. Boyd pile sans même vérifier la présence d’autres véhicules sur la route. Il a reçu le message, d’où qu’il provienne, et fait instinctivement confiance au destin pour lui épargner un accident.

« Hey, kid ! », lance le shérif en se penchant pour ouvrir la portière du côté passager. Un long grincement sinistre, digne de la porte rouillée d’un manoir hanté, accompagne son ouverture. Telle la Plymouth Fury d’un film sorti un an plus tôt, le Chevrolet du shérif semble animé d’une conscience propre. Néanmoins, l’entêtement et l’humour facétieux du véhicule tient davantage d’une Coccinelle. Avec une horloge décalée, car les blagues tordues d’Halloween, c’était il y a plus d’un mois.

« Monte, on se les gèle dehors, je vais te déposer. ». Le shérif affiche un sourire bienveillant. L’expression confiante de son visage, le ton calme de sa voix, son physique athlétique d’homme mûr, et bien entendu l’uniforme, tout chez lui concoure à rassurer un gamin effrayé. Une normalité qui dénote étrangement au cœur de cette véritable Dead Zone. « Moi c’est Boyd, et toi ? ».

~

Une fois Loan à bord : « Je t’emmène où ? Ça t’arrive souvent de te balader seul à la tombée de la nuit ? ».
Contrairement à son quartier d’origine, à Detroit, le shérif sait que Blackwood est loin d’être un coupe-gorge. Mais quand même. Surtout que le gosse n’a pas du tout la carrure d’un quater back. Plutôt le genre à claquer des dents pour d’autres raisons que le froid.


HRP : Amusez-vous avec les références en italique  Dance

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“Death wasn't a movie where the pretty star faded away with a touch of pale makeup and every hair in place.”
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Loan Baker
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MessageSujet: Re: going home. w/boyd   Dim 17 Déc - 23:00

C’est quand-même la poisse, de se retrouver seul à marcher sur le bord de la route. Il fait presque noir et l’atmosphère qui se dégage du lieu n’a absolument rien de rassurant. Alors le gosse poursuit sa petite chansonnette, essayant de se convaincre de la sécurité de l’endroit. Et malgré toutes ses pensées agréables au possible, il tremblote. Il va mourir cette nuit, il en est intimement persuadé. Comme il l’est tout le temps, à vrai dire. Quand un lycéen s’approche de lui avec un air quelque peu menaçant ; quand il se cogne le front et a tellement mal qu’il pense immédiatement qu’il a perdu la vie sous le coup ; quand il se couche le soir, oubliant qu’il a laissé l’un de ses pieds malencontreusement dépasser de la couverture… il est sans cesse sur le point de mourir, en fait.

Un bref sursaut mêlé à un désagréable frisson lui parcourt l’échine à l’entente d’un long grincement. Alors qu’il aurait dû s’enfuir sans même se retourner, son pas ralentit, sa démarche s’alourdissant. Les yeux grands ouverts et les doigts agrippant la lanière du sac-à-dos dans un geste désespéré, il se retourne. Au même moment, la voiture –ou plutôt l’espèce de vieux tacot– s’arrête sur le bas-côté. La portière s’ouvre brusquement, suivie d’un long crissement à glacer le sang, laissant l’inquiétante musique parvenir aux oreilles de Loan. Il contemple un moment le véhicule et son propriétaire, se disant que les méchants l’avaient trouvé, et qu’on n’entendrait plus jamais parler de lui. Un gamin disparu, pas méchant, mais franchement inutile.

Néanmoins, après un instant de flottement, le garçon finit par reconnaître le shérif. C’est cet homme qui lui propose de monter le rejoindre. Brusquement rassuré, il fait un pas en avant, mais interrompt le suivant sans préavis. Les paroles de sa chère mère résonnent à ses tympans, comme un message d’avertissement ; surtout, tu ne suis jamais les inconnus, d’accord Loan ? Oui maman. Il ne peut décemment pas monter dans cette voiture ; il ne connaît pas ce monsieur. C’est dangereux. Et pourtant, ça l’est tout autant de se promener de nuit. Et puis, après tout, il est le shérif, non ? C’est lui qui veille à la sécurité de ses concitoyens. Aucune raison d’avoir peur. C’est ce dont il tente de se persuader au moment où ses talons le guident jusqu’à la portière ouverte. Il s’installe sur le siège passager puis se met à fixer un point invisible devant lui, attendant que le conducteur démarre. Sécurité.

Le Baker, il hésite une bonne minute avant de répondre à son interrogation ; il déroge à l’une des règles les plus essentielles selon sa génitrice. S’il lui livre en plus son identité, il va réellement se faire tuer. Les quarts d’heure de morale se multiplient bien trop à son goût, ces derniers temps.

« Loan… » fait-il un peu trop bas, son regard ne quittant pas le pare-brise, alors qu’il reste bien sagement les bras croisés. Cet habitable n’a absolument rien d’accueillant ; les secousses sont bien trop nombreuses, accompagnées de sons désagréables qui gardent tous ses sens en alerte. L’environnement détonne bien trop avec l’apparence calme et gentille de son accompagnateur. Alors le môme ne sait plus comment se positionner, s’il aurait finalement préféré continuer à pieds ou se faire reconduire. « J’habite à Cherrywood Street… vous connaissez ? J’aime pas rentrer tout seul, mais il n’y a plus personne au lycée à cette heure-là. »

Tout en tripotant nerveusement les boutons de son manteau, il ose poursuivre, peu soucieux des paroles certainement insensées qui s’échappent de ses lèvres. « J’ai tout le temps peur qu’il y ait des monstres sur la route… Enfin… » Il hésite, puis, sur le ton de la confidence ; « Vous voyez… des entités surnaturelles… » Il se tait durant quelques secondes, avant de changer de sujet, sans transition. Attention flottante, vous dîtes ? « Vous êtes le nouveau shérif, ah ouais ? »


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MessageSujet: Re: going home. w/boyd   Lun 18 Déc - 20:28

On dit que les flics ont un don pour flairer la trouille. En réalité, c’est simplement une question d’habitude. Même les innocents ont souvent peur des flics, se demandant ce qu’ils ont fait pour mériter l’attention des forces de l’ordre – tout le monde a quelque chose à se reprocher.
Pour le gamin qui vient de grimper dans le 4x4, nul besoin de trouillomètre. Et celui du shérif s’agite à en crever le plafond. Alors il essaie de se montrer rassurant, curieux de savoir ce qui le met dans cet état.
« Loan ? », répète Boyd pour vérifier, la voix de l’adolescent soufflant comme un murmure. « Eh bien, ravi de faire ta connaissance, Loan. ». Tandis qu’il redémarre, Christine toujours aussi remuante et capricieuse, son passager lui révèle enfin sa destination. « Cherrywood Street ? Ça alors ! On est presque voisins alors, j’habite au 102, et toi ? Une chance que je sois passé par là. ».
Presque voisins, car le nouvel arrivant connait tout de même les familles jouxtant sa maison de location, et le lycéen n’en fait guère partie. Le policier déduit qu’il réside sans doute à une extrémité de cette longue rue, vers laquelle il roule sans se détourner de son itinéraire initial.

Fort heureusement pour le shérif, Loan confie ensuite l’origine de la terreur qui l’anime. Malheureusement pour le shérif, ses propos évoquent un gosse de cinq ans venant de regarder Gremlins au cinéma. Mais on est à Blackwood, où les frappés du surnaturel grouillent comme les mouches autour du cul d’une vache. Lui-même croit, ou suppose croire à certaines choses, mais faut pas pousser le bouchon trop loin.
« T’inquiètes mon garçon, on reçoit des tas de témoignages, mais on a jamais rien vu de surnaturel et même si c’était le cas, personne n’a jamais été blessé. Alors pas de quoi avoir peur. Faut juste ouvrir l’œil et se méfier des animaux sauvages, d’après le garde-forestier ils s’aventurent en ville à cause du froid soudain. Je suis sûr que la plupart des gens sont de bonne foi, mais qu’ils prennent les renards pour des lutins ou quelque chose du genre. C’est partout comme ça dans les petites villes comme Blackwood. ».
Ayant vécu à Detroit toute sa vie, l’ex-officier de police n’en sait fichtrement rien. Mais il commence à prendre l’habitude de répéter cette explication censée rassurer les anxieux du paranormal.

Le gamin aborde ensuite un tout autre sujet sans que Boyd n’ait besoin de le ramener sur Terre. Brave petit. Trouillard, mais pas chiant.
« Eh ouais, c’est moi qui suis maintenant chargé de votre protection. Et si t’as pas confiance en un étranger comme moi, dis-toi que j’ai toute une équipe de braves policiers très compétents derrière moi, et qui connaissent la région comme leur poche. ». Oh oh oh, quel bobard. Pas sur le papier, mais dans les faits, son autorité est encore loin de faire l’unanimité, à commencer par ses propres adjointes. De même, l'habilité de certains agents ferait passer une mémé atteinte de Parkinson pour un as du tir. Mais Boyd n’a évidemment aucune intention d’aborder le sujet avec un gosse ramassé sur la route. « Et toi, qu’est-ce que tu fais de beau en dehors du lycée ? T’es dans un club ou un truc comme ça ? Il y a pas mal d’activités sympas pour les jeunes. »

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MessageSujet: Re: going home. w/boyd   Mar 2 Jan - 1:05

Le shérif a un don pour le mettre à l’aise. Pourtant, ce n’est pas chose simple. Loin de là. Le gosse a peur de son ombre, un vrai trouillard qui s’amuse pourtant à jouer au prétentieux sans aucune crédibilité. Facilement impressionnable.

Mais le dénommé Boyd le rassure parce qu’il parle beaucoup. Il déballe un trop grand nombre de mots à la minute pour lui laisser le temps de se concentrer sur autre-chose – comme les bruits étranges émanant du moteur, les ressorts qui couinent ou bien les graviers brusquement écrasés sous les pneus, par exemple. Et soudain, Loan perd le fil ; peut-être que c’est un piège. Que l’homme doit ainsi détourner son attention pour pouvoir le kidnapper tranquillement. Et le pire dans tout ça, c’est qu’il ne se rend même pas compte d’à quel point il peut être parano…

Ou alors, c’est son statut qui en impose. Car, après tout, un représentant de la loi, ça appelle tout de suite au respect. Surtout pour le Baker, soumis à toute forme d’autorité. Même si être shérif à Blackwood ne doit, de toute évidente, pas vraiment en jeter à plus haute échelle… « 239… » répond-t-il sans presque s’en rendre compte, trop occupé à plisser les yeux pour distinguer la route devant eux. Faudrait quand-même pas qu’il laisse bêtement l’homme l’emmener il ne sait où.

Loan, il ne sait plus tellement comment se comporter ; il a désobéi à sa mère en montant dans la voiture d’un inconnu… qui ne l’était pas tellement puisque personne influente en ville. Sauf que celui-ci se promène dans une caisse pour le moins pourrie, qu’il est un peu trop bavard à son goût et pourrait très bien vouloir simplement le distraire… comme il pourrait être tout-à-fait honnête et présent pour les habitants de sa petite bourgade. Tout est brouillé dans son esprit.

Son attention est bien vite détournée de ses complexes interrogations lorsque son interlocuteur continue sur sa lancée à propos du surnaturel. Et là, il bloque. Alors lui, il n’a pas l’air bien au courant de ce qui se trame ici. Mais il est nouveau, peut-être que Loan peut alors l’excuser… et lui expliquer, afin de le mettre dans la confidence. Il poursuit donc, toujours en adoptant ce ton assez mystérieux. « Moi j’ai vu quelque-chose de surnaturel. Plusieurs fois même. Et j’vous assure que ça fait flipper. Il y a des sortes d’OVNI qui se cachent à Blackwood, et ce n’est qu’une question de temps avant qu’on ne les démasque… avec ma mère, on y travaille, ‘vous inquiétez pas. » Le shérif Desmond doit avoir beaucoup à faire, pas l’temps de s’occuper des présences extraterrestres hantant la ville. Mais le môme, lui, il est volontaire. Il les débusquera tôt ou tard.

Il se contente d’hocher la tête, parfaitement convaincu par le numéro visant à le rassurer sur les compétences de son équipe. Sa naïveté le perdra sans doute un jour. « Je suis président du club de sciences, au lycée. » Il bombe le torse, la tête haute, pas peu fier de ce statut. Bien évidemment, il omet le fait qu’il n’est pas réellement d’accord avec ce principe de partage des connaissances, bien trop orgueilleux pour s’y plier. « Et j’aime bien aller à la salle d’arcade. Vous aimez les jeux-vidéos, vous ? Ou bien vous êtes trop vieux ? » Hm, pour le tact, on repassera, bien sûr.


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MessageSujet: Re: going home. w/boyd   Mar 2 Jan - 21:40

« Numéro 239 ? », répète le shérif avec un air étonné. « Purée ! Je savais même pas que la rue allait jusque-là. Vous habitez vraiment tout au nord de la ville. » Boyd ne dévie pas de sa route, puisqu’il roule déjà dans la bonne direction. Évidemment, lui dirait Christine si le véhicule était doué de parole.

Voilà que le gamin lui parle de chasse aux petits hommes verts avec sa mère. Le conducteur jette un coup d’œil sur son passager. OK. Il a l’air d’y croire, à son délire. La frapadinguerie serait donc une affaire de famille.
Le policier est néanmoins curieux, c’est souvent une seconde nature dans ce métier. Il s’inquiète aussi de ce que la mère et le fils peuvent accomplir dans leurs recherches insensées. Le shérif de Blackwood doute que ce soit dangereux, mais son boulot le pousse à s’en assurer. De plus, même s’il ne croit pas aux OVNI, il a déjà été confronté au surnaturel une fois dans sa vie. Sans compter la bagnole de police qu’il conduit – à moins que ce soit elle qui mène la barre – en ce moment même, authentique phénomène surnaturel à elle toute seule. Alors Boyd questionne au lieu de clore le sujet.
« Ah bon ? Et qu’est-ce que tu as vu précisément ? Et avec ta mère, vous faites quoi pour débusquer ces… euh… aliens ? »

De façon curieuse, leur conversation se poursuit dans un domaine hautement rationnel quand Loan lui révèle son rôle au club de sciences du lycée.
« Ouah, respect, professeur Nolan. Ça en impose comme titre. Vous fabriquez des fusées miniatures ou des trucs comme ça ? » Peu après les 19 ans de Boyd et la fin de sa scolarité, toute l’Amérique et le reste du monde vivaient en état d’effervescence avec le succès prochain de la mission Apollo 11. En effet, au terme d’une mission aussi inédite que périlleuse, l’astronaute Neil Armstrong posait le pied sur la Lune le 20 juillet 1969. Un jour qui resterait gravé à jamais dans la mémoire de plusieurs générations.

Par contre, Boyd en connait autant sur les jeux vidéo qu’un eskimo sur les crèmes solaires. Peu coutumier des activités ludiques en général, il pourrait claquer tout son salaire annuel sur une borne de Pac-Man sans réussir à manger plus de dix Pac-dots. Avec lui, le pluriel de Space Invaders devient superflu : une seule bouillie de pixels animée suffirait à envahir la terre, le temps que l’exécrable joueur apprenne à maîtriser le canon laser le long de son axe horizontal.
Cependant, la remarque de Loan sur cette lacune et son âge ne le vexe aucunement. Bien au contraire, elle fait rire le vioc de 34 ans.
« Les jeux vidéo ? Nan, pas mon truc. Je suis plutôt sport. Tu comprends, j’en profite tant que mon corps méchamment fripé tient encore le coup. » Une remarque ponctuée par un éclat de rire.
« D’ailleurs, vous faites quoi comme sport, au lycée de Blackwood ? » Le policier juge que le frêle garçon tirerait le plus grand bien d’un peu d’exercice, pour se muscler un peu et gagner en assurance. Au même âge, la constitution de Boyd n’était guère plus développée ; il en avait souffert depuis les cours de récré jusqu’à la rue. Mais après tout, il n’est pas son père et respecte les centres d’intérêt du jeune adolescent. Tant qu’il ne nuit à personne, il est libre comme tout un chacun de faire ce qui lui plaît.

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MessageSujet: Re: going home. w/boyd   Dim 14 Jan - 21:54

Bizarrement, le shérif a l’air brusquement intrigué par ce que le gamin lui dit. Pourtant, quelques secondes auparavant, il semblait plutôt motivé à lui ancrer dans le crâne que les extraterrestres, ça n’existe pas. Mais, ravi d’avoir quelqu’un à qui confier ses ambitions, le garçon ne prête pas attention au changement d’attitude de son interlocuteur, reprenant presque immédiatement ; « un truc super bizarre ! C’est souvent ma mère qui raconte, elle est plus douée que moi… on était dans la voiture, on a percuté un cerf, et après plus rien ! Y avait même pas de traces de sang, rien du tout ! C’était un coup des extraterrestres, y a pas de doutes sur ça ! »

Et quand il parle, il s’anime, il bat l’air de ses bras et se tortille sur son siège. Dans son regard brûle la fascination transmise par la génitrice, mais également la peur qu’il ne peut pas maîtriser. Il n’a rien vu ce soir-là. Non seulement parce qu’il était trop jeune, mais également parce qu’il dormait, et n’a ouvert les yeux qu’au moment où les lanières de son siège ont commencé à l’étouffer. Il n’a absolument rien pu constater par lui-même. Et pourtant, Loan est persuadé d’avoir assisté à cet accident pour le moins étrange. Il a entendu cette histoire de la bouche de Mary Baker tellement de fois, que la scène fictive s’est ancrée dans son esprit. « Pour l’instant, j’essaye surtout de les démasquer, au lycée. » reprend-t-il plus calmement, fixant tranquillement le pare-brise. Son ton est plus sérieux désormais, moins frivole. « J’ai déjà quelques pistes, ‘vous inquiétez pas. »


Des fusées miniatures ? pense-t-il quand le sujet de conversation dévie. En voilà une excellente idée ! Bien plus intéressante que celle consistant à joyeusement dévoiler ses connaissances aux yeux et aux oreilles de tous. « Pas vraiment… je n’ai intégré le club qu’au début de l’année. » En à peine quelques mois, il en est devenu le président. Gamin trop enthousiaste et téméraire lorsqu’il s’agit de sciences… « Mais je vais proposer votre idée, m’sieur ! » Parce qu’après tout, elle n’était pas si bête.

Et mister Desmond, il se met à rire, quand le Baker, lui, il fronce les sourcils. Il ne prend pas les jeux-vidéos au sérieux, pour ainsi se moquer de son hobby ? Légèrement vexé, il hausse les épaules, jouant avec le tissu de son sac-à-dos reposant sagement sur ses genoux. « J’aime pas le sport, j’en fais pas. » Après tout, aucun ne pourrait convenir à son état physique pour le moins fragilisé. « C’est à cause de votre boulot que vous en faîtes, ou bien vous aimez vraiment ça ? » Ça parait pour le moins surréaliste, pour le marmot, que qui que ce soit puisse se passionner pour une chose si futile et dangereuse. Personne n’est à l’abri d’une chute, dirait sa mère adorée, le doigt accusateur pointé vers le plafond délabré du domicile.

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MessageSujet: Re: going home. w/boyd   Mar 16 Jan - 21:31

Les « révélations » du gamin chassent l’inquiétude du shérif, surtout la partie « pas de traces de sang ». Comme l’immense majorité des fêlés du paranormal, Loan et maman Frapadingue sont manifestement de simples allumés inoffensifs.

Un jour, Boyd a vu une émission télé sur une secte chrétienne qui détenait et vénérait la soi-disant couche-culotte en peau de chèvre de Jésus-notre-sauveur. Des parents affluaient de tous les états pour louer le saint artefact à un tarif exorbitant, afin que leur joli chérubin chie dans le linge sacré. Une fois la besogne accomplie, le nourrisson et sa divine merde se retrouvaient bénits jusqu’au Jugement dernier. Le policier avait zappé avant que le reportage précise comment le caca bénit était employé, de peur de régurgiter les nuggets qu’il faisait glisser avec un maxi-gobelet de Coca-Cola.
Quoi qu’il en soit, ce reportage lui a appris à relativiser certaines croyances.

« Je vois. », commente le shérif, un brin sarcastique. « Nous à la police, on fonctionne comme en science, monsieur le président du club. Une hypothèse est bancale tant qu’on n’a pas de preuves solides pour l’étayer. » Réalisant que ses paroles peuvent être interprétées comme un encouragement à collecter des preuves, il se reprend aussitôt : « En attendant, évite quand même les ennuis au lycée. Si tu te trompes, tu auras emmerdé tes camarades pour rien et ils auront le droit de te le reprocher. Et si tu as raison, tu crois pas que des êtres venant d’autres galaxies pourraient te faire disparaître en claquant des doigts ? Dans les deux cas, vaut mieux se montrer très prudent, pas vrai ? » Boyd jette un regard interrogateur sur le garçon trop enthousiaste à son goût. Qu’il continue sur son délire ou finisse par réaliser l’ampleur de sa bêtise, autant épargner à ce gamin fragile des coquarts et coups de latte dans les tibias à cause d’un comportement trop intrusif.

Tandis que le véhicule prend un virage à gauche sur Cherrywood Street où résident ses deux passagers, Loan enchaîne sur la question du sport.
« C’est bien dommage que tu ne fasses pas du sport, même un peu. Ça aide à se faire respecter, à gérer les garçons et draguer les filles. »
En Amérique, les années 80 marquent l’apogée de la culture physique. Les californiens au corps bronzé et bodybuildé font la une des magazines, tant chez les hommes que chez les femmes. Les physiques musculeux de Stallone et Schwarzenegger s’affichent sur tous les écrans, petits ou grands, avec des films d’action en pagaille où la virilité (ainsi que l’accent russe) s’exprime avec une subtilité diamétralement opposée au gabarit de ses héros (trente ans plus tard, beaucoup apprécieront encore nombre de ces films avec un plaisir coupable).
« De mon côté j’aime bien l’activité physique, comme à peu près tout le monde je dirais. Ça permet de se défouler et on se sent mieux après. J’en ferais même si je n’étais pas flic, mais ouais, c’est un atout dans mon métier. Certains voyous ne se laissent pas arrêter si facilement. D’autres sont très agressifs et dangereux. Perso, je préfère courir et coller une bonne mandale plutôt que devoir utiliser mon arme pour arrêter quelqu’un. Et puis en général, le type s’en remet plus facilement. »

Les numéros défilent rapidement dans cette rue résidentielle du quartier nord. Le Chevrolet dépasse la vieille maison que Boyd loue à Blackwood, avec sa plaque écaillée indiquant 102.
« On arrive ! », se réjouit le shérif. Christine aurait pu faire des siennes, mais elle s’est montrée relativement sage durant la conversation de ses deux passagers, comme si elle écoutait attentivement.

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MessageSujet: Re: going home. w/boyd   Ven 26 Jan - 23:35

Le fameux shérif n’a plus vraiment l’air de le prendre au sérieux. C’est presque comme s’il lui fait la morale. Quelque peu vexé, Loan se renfrogne, son dos se calant un peu mieux contre le dossier du siège. C’est pas nouveau ; après tout, rares sont les gens qui les croient, les deux Baker. Alors il finit par se convaincre que cet homme n’a simplement rien dans le crâne. Légèrement excessif, comme gamin. Tant pis, il n’a pas besoin qu’un idiot ne l’aide, de toute manière. Il se contente donc d’hausser vaguement les épaules quand il l’interroge. Il a encore plus peur de laisser ces aliens évoluer dans son monde sans rien dire, pour être honnête.

Le véhicule entame sa longue traversée de la rue où ils semblent tous deux résider. Et le marmot se dit que, finalement, il arrivera peut-être chez lui sain et sauf. « J’ai des preuves, de toute manière… » ajoute-t-il assez bas, encore fixé sur les précédentes paroles de son interlocuteur. Il est borné quand on s’attaque à ses croyances.

L’homme à ses côtés a l’air réellement passionné par cette activité consistant à se trémousser pour finir en hyperventilation et le corps collant de sueur. Chacun son hobby, après tout. « J’m’en fiche des filles… » C’est pas vrai. C’est que le début, mais il est évident que Loan commence à loucher sur quelques-unes, parfois. Sans aucune idée derrière la tête, il reste un gamin qui comprend pas très bien le principe des relations sociales. Mais, quoi qu’il en soit, il s’efforce de nier l’évidence ; il entre bel et bien dans cette tranche d’âge où les filles deviennent presque la première des préoccupations. Même pour un pauvre môme renfermé sur lui-même.

Desmond se met à vanter les mérites de l’activité physique régulière. Et le garçon, lui, il ne peut s’empêcher de lever les yeux au ciel. Bien sûr, ça semble plus impressionnant de courir après un bandit pour lui foutre une raclée. Mais un petit coup de feu ni-vu ni-connu, ça passe crème. Et c’est moins fatiguant. « Pourtant, dans les films, c’est ce qu’ils font. Peut-être que c’est plus simple… »

Bientôt, la voiture s’arrête devant le domicile familial. Bien plus rassuré que précédemment, le jeune Baker ouvre la portière, serre son sac-à-dos entre ses bras, et quitte l’habitacle. Une fois les pieds sur le trottoir, il se penche en avant pour pouvoir faire un signe à son sauveur de la nuit. « Merci de m’avoir raccompagné, m’sieur. Je pense que ma mère sera rassurée et contente de savoir que c’est le shérif en personne qui m’a reconduit. Bonne soirée ! » Puis, tout excité à l’idée de raconter son aventure à bord du Chevrolet à ses proches, il s’éloigne à vive allure, le nez rougi par la brise trop fraîche.

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Réputation : Grâce à un travail sérieux, beaucoup de diplomatie et de gros efforts pour s’intégrer, le shérif commence à gagner le respect et la confiance des habitants. Boyd reste néanmoins un étranger de passage qui n’a aucun ami à Blackwood.

MessageSujet: Re: going home. w/boyd   Lun 29 Jan - 6:48

En tant qu’homme simple et peu cultivé, Boyd n’arrive pas à comprendre les scientifiques porteurs de thèses irrationnelles. En effet, il met cette catégorie d’intellectuels sur une sorte de piédestal. Putain, ces gens ont envoyé une chienne dans l’espace, puis des astromachins sur la Lune. Ils sauvent des millions de vies – bientôt, ils guériront même le cancer – et de manière générale ils ont réponse à tout.
Les philosophes aussi, sauf que ces intellectuels-là embrouillent tellement l’esprit avec leurs réponses alambiquées qu’on ne comprend même plus la question. Les scientifiques ne sont pas forcément plus faciles à suivre, mais au moins leurs mots compliqués sonnent vrai. Et, surtout, ils ont des preuves (allant du bout d’os vieilli à la formule mathématique incompréhensible).
Pourtant, certaines sommités bardées de diplômes affirment sans vergogne que Dieu-le-père a créé la Terre en sept jours, quelques milliers d’années plus tôt. Comme si les fossiles de dinosaures sont factices, comme si on descend tous d’Adam et Eve vivant dans un merveilleux jardin d’Eden, et non de bipèdes moches et poilus agitant des fémurs dans la savane africaine.
Le cerveau de Boyd n’a jamais réussi à résoudre ce genre de paradoxe, butant comme une auto tamponneuse prise au piège entre plusieurs obstacles.
Gamin ou pas, Loan se présente comme un scientifique intelligent, mais ses certitudes semblent aussi fumeuses qu’un hippie créationniste.

À moins qu’il mente, comme lorsqu’il affirme se foutre des filles.
Sur ce point, le shérif ne lui en porte pas rigueur. Après tout, le gosse n’est pas le premier à sortir ce prétexte éculé chez les adolescents encore puceaux. Lui-même affirmait la même chose à son âge, quand il ressemblait à une crevette surmontée d’une tête de flanc.
Il sourit donc à la réplique de Loan, l’air de dire « Mais oui, c’est ça, cause toujours. ». Malgré la passion du jeune lycéen pour les visiteurs de l’espace, le policier ne l’imagine pas un instant se palucher devant un poster grand format de E.T., une boîte de mouchoirs à portée de main – celle qui reste libre. Depuis la sortie de Star Wars – Return of the Jedi en 1983, les amateurs de science-fiction fantasment plutôt sur la princesse Leia en bikini, dans la scène culte où elle est prisonnière de Jabba le Hutt.

Quoi qu’il en soit, le pauvre fils Baker semble vraiment déconnecté de la réalité. À ses yeux, les policiers flinguent à tout va comme dans les films. Certes, beaucoup de flics ne sont pas des mous de la gâchette, mais aucun n’arrive à la cheville de Dirty Harry et son Smith & Wesson Model 29.
« Ouais. Mais dans les films, faut pas oublier qu’on attrape toujours les criminels après une longue course-poursuite en bagnole. On doit rouler comme sur une piste de F1, éviter les petites vieilles qui traversent la rue avec leur caddie, passer tous les feux rouges, tenir le volant d’une main, le flingue de l’autre, mitrailler les pneus de la caisse du méchant avec un six coups, recharger je sais pas comment. Le tout sans blesser personne d’autre que les méchants. Je crois que je préfère encore la réalité. », ironise Boyd.

Christine arrive enfin devant la maison des Baker, s’arrêtant dans un couinement de freins avant même que son conducteur ne repère le numéro 239. Visiblement pressé de rentrer chez lui, le lycéen saute de la voiture avant de le remercier poliment. Une attitude que le shérif apprécie.
« Le plaisir était pour moi, Loan. C’est pas tous les jours qu’un shérif a l’occasion d’escorter un président de club scientifique. », dit-il avec un clin d’œil. « Bonne soirée à toi et à ta famille ! »

Dire que ce gamin et sa famille sont représentatifs de Blackwood, pense le policier en faisant demi-tour pour regagner son domicile. Au moins, se console-t-il, les allumés de cette ville ne sont pas méchants. Pas comme à Detroit.

HRP:
 

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